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L'INVITÉ / Torrick Ablack aka Toxic

  • Photo du rédacteur: Katell Magazine
    Katell Magazine
  • 28 avr.
  • 2 min de lecture

« Je peins pour respirer. La couleur, c’est mon langage, elle n’explique rien, elle impose. »


Artiste contemporain, aujourd’hui installé à Louannec, Toxic poursuit une œuvre où la couleur, souveraine, s’impose dans une tension maîtrisée entre aérosol et acrylique.


Toxic, de son vrai nom Torrick Ablack, est né en 1965 dans le South Bronx, au sein d’une famille d’origine caribéenne et indienne. Il découvre très tôt le graffiti dans le métro new-yorkais, qu’il investit dès l’âge de treize ans. Dans ce contexte, peindre relève autant de l’affirmation de soi que d’une nécessité d’exister dans un espace urbain en tension.


Les Hollywood Africans

Dans les années 80, Toxic est ami avec Rammellzze et Basquiat, deux figures centrales de la scène artistique new-yorkaise. Ensemble, ils forment un trio informel, les Hollywood Africans, en référence à la stigmatisation des Afro-Américains dans l’industrie du cinéma. Cette expérience, cette lutte, ancre durablement Toxic dans une réflexion sur l’image, le langage et le pouvoir des signes.


Une génération fondatrice

La disparition prématurée de Basquiat et de Raemmellzzee fait de Toxic l’un des derniers témoins directs de cette génération fondatrice du graffiti new-yorkais. En 2006, le Whitney Museum of American Art de New-York revient sur cet héritage en rendant hommage aux trois pionniers du mouvement. Le graffiti passe alors d’art marginalisé à art consacré.


Parenthèses en Italie

Peu de temps avant la disparition de Basquiat, Toxic s’envole pour l’Italie et s’installe à Florence, où il passe de nombreuses années à perfectionner sa technique. Des années plus tard, dans le cadre de la réalisation d’une grande œuvre sur les murs d’une école, il retrouve l’Italie et s’installe dans une maison isolée au milieu des pins devenue laboratoire d’art. Pour lui, l’Italie n’est jamais un décor : c’est une respiration continue.


Entre New-York et la Bretagne

Aujourd’hui, Toxic a posé ses valises en Bretagne où il vit à Louannec et où il travaille dans un atelier à Saint-Quay-Perros. Loin des clichés paysagers, il y développe une peinture centrée sur la couleur, travaillée à la bombe ou à l’acrylique. Ses compositions sont denses et vibrantes, elles prolongent avec brio l’énergie du graffiti tout en s’inscrivant dans le champ de la peinture contemporaine.


La couleur comme phare

L’artiste travaille souvent sur plusieurs œuvres en parallèle et maintient une production soutenue. La couleur y occupe une place centrale, comme un langage autonome directement hérité de ses années de pratique urbaine. Cette cohérence et cette intensité plastiques ont permis à son art d’être plusieurs fois présenté dans des galeries et institutions internationales.


Londres, une nouvelle étape

En mai prochain, Toxic présentera une nouvelle exposition à Londres, à Woodbury House, où il avait déjà exposé en 2024 ; une étape supplémentaire dans le parcours d’un artiste dont l’œuvre continue de circuler entre mémoire du graffiti new-yorkais et peinture contemporaine.


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